Traversée du Vercors en raquettes

Le Vercors mérite bien sa réputation de territoire sauvage aux paysages grandioses. Au-delà des longues visions qui invitent au calme, vous ne vous lasserez pas de vous faire surprendre par les pics, falaises et canyons qui surgissent aux détours des chemins. Et l’hiver offre l’occasion de redécouvrir ces paysages sous un nouveau jour, dans leur manteau de neige. Il existe autant d’itinéraires de traversées que d’idées de promeneurs, donc je vous en propose un, que j’ai suivi en raquettes avec deux amis en février.

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Avant tout, je tiens à rassurer le lecteur inquiet qui pourrait douter de ses capacités à entreprendre cette traversée: on entend beaucoup « le Vercors en hiver, c’est hyyyper paumatoire! ». Alors oui, il vaut mieux prendre ses précautions si on n’est pas un expert de l’orientation à la boussole (exemple: appli GPS utilisable hors ligne type Komoot à 30€), faire attention aux scialets et lapiaz (gouffres et crevasses) et privilégier des conditions de temps clair permettant de bien se repérer. En ce qui nous concerne, nous avons eu 4 jours de beau temps et nous avons très simplement suivi les traces de ski dans la neige qui correspondaient tout à fait aux chemins (cf. cartes TOP25 n°3236 et 3237).

Je conseille de s’équiper d’un duvet bien chaud pour passer la nuit dans les cabanes (je pense que la température est autour de 0°C la nuit, pas bien inférieure car l’eau ne gèle pas dans la cabane). Prévoyez aussi de faire fondre de la neige, les sources sont gelées ou sous la neige en cette saison.

Nous avons réalisé la traversée en raquettes mais l’itinéraire est accessible en ski de rando. L’itinéraire est également accessible aux pulkas. Notre traversée est dans le sens Sud-Nord. Je ne pense pas qu’il y ait un sens préférable, le mieux étant sans doute de tester les deux, l’angle de vue sur le paysage étant complètement différent. Attention toutefois dans la prévision de vos étapes, on ne peut pas simplement prendre un itinéraire en sens inverse du fait des dénivelés positif et négatif différents (voir ci-dessous).

Nous sommes partis un dimanche vers 11h30 du col de Menée (voir accès plus bas). Le sentier part au-dessus de la route, une cinquantaine de mètres avant l’entrée du tunnel (côté Clelles). Avant de rejoindre le GR à la fontaine des Prêtres, il n’y a pas de trace mais on se repère facilement: il suffit de suivre la crête, passer le col de Lauzette, continuer au-dessus de la forêt et rejoindre la « fontaine » (c’est-à-dire le fond de la vallée, visible et relativement fréquenté avec des tables de camping). Nous avons passé la nuit à la cabane de l’Essaure.

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La crête de Grande Leirie

Le lendemain nous avons rejoint la cabane de Chaumailloux en 3h où nous avons déjeuné. Nous avons ensuite continué 3h sur la cabane de Pré Peyret en passant par le Pas de l’Ours et la Jasse de Peyre Rouge. Ce chemin est identifié comme un sentier sur la carte IGN mais il y avait des traces. L’itinéraire de randonnée (par la plaine de la Gache, bergerie du Jas Neuf et col du Pison) constitue une jolie alternative mais qui rallonge un peu (7km contre 5,5km, dénivelé identique).

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Le Mont Aiguille

Pour la troisième étape, nous attaquons la traversée des hauts plateaux, le long des sommets dominés par le Grand Veymont. Nous avons suivi le GR91 mais un camarade de cabane chevronné en ski de rando nous a conseillé le détour costaud par la Cabane des Aiguillettes et le Pas des Chattons (15km/+440m contre 11,5km/+180m).

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Le Grand Veymont

Dernière étape (mais pas la moindre!) nous avons rejoins Corrençon-en-Vercors (18,5km/+190m). Après une bonne matinée de marche, nous avons déjeuné à la Cabane de Carrette où l’on commence à rencontrer des promeneurs à la journée. Nous sommes arrivés vers 16h. A noter que cette étape sportive, me paraît très compliquée dans l’autre sens (700m de dénivelé).

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Darbounouse

Lien vers l’itinéraire: https://www.komoot.com/tour/14708219

Accès au Col de Menée:

On arrive en TER à la gare de Clelles-Mens. Puis nous avions réservé un taxi jusqu’au Col de Menée (Taxis Dubourdeaux: 04.76.34.68.76, ponctuel, sympa et grand coffre pour le matos). Le coût important du taxi (80€) s’amortit vite à 3 ou 4. Il est peut être possible d’éviter le taxi en s’approchant en bus depuis Die puis de rejoindre le massif en marchant.

Départ de Corrençon-en Vercors:

Plutôt que d’avoir la pression pour avoir le bus à l’issue de notre dernière et longue étape, nous avons choisi d’arriver tranquillement à Corrençon, y dormir une nuit et partir le lendemain. Je recommande le gîte des Hauts Plateaux (15€/pers), très confortable. Il faudra monter au Clos de la Balme (à pieds avec la frontale: 20min ou en stop ;D) pour déguster au Caribou la raclette bien méritée après 4 jours de lyophilisé! Et le restaurant des Hauts Plateaux (à côté de l’auberge) le lendemain midi pour ne pas partir sans goûter les ravioles de Royan!

Le bus part du centre de Corrençon et il est direct jusqu’à la gare de Grenoble. Attention, il faut réserver (en jour ouvré avant 12h la veille) car la portion Corrençon > Villars-de-Lans est en transport à la demande (ligne 5130 puis 5100 à Villars, mais c’est le même bus). Bon à savoir, il existe aussi des navettes gratuites entre Corrençon et Villars en saison (elles ne sont pas synchronisées avec la 5100 vers Grenoble mais bien utiles si on n’a pas réservé le 5130).

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